Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Le Sud Forestier 

Situé à quelques kilomètres à l’Est de Grand Lahou, le parc national d’Azagny a une superficie d’environ 22 000 ha (officiellement 21 850 ha). Ses limites « naturelles » sont le fleuve Bandama à l’Ouest, la route « côtière » au Nord et le canal d’Azagny et/ou la lagune au Sud. Il est situé à cheval sur deux départements, celui de Grand Lahou à l’Ouest et celui de Jacqueville pour sa partie Est. On peut y accéder par voie terrestre par diverses pistes qui débouchent sur la Côtière (dont certaines, accessibles aux véhicules, à partir du village d’Irobo), jouxtées de vastes plantations de palmiers à huile et d’hévéas, ou par la voie fluviale, à partir du Bandama et du canal d’Azagny, qui permet de parcourir toute la limite sud du parc, depuis Braffedon jusque Jacqueville.
La partie nord du parc d’Azagny recèle une forêt dense et très variée, touffue et difficilement pénétrable, avec beaucoup de taillis et de lianes, plus ou moins épineux. La biodiversité est considérable, attestée par l’observation de la population de lépidoptères, abondante, extrêmement variée et présente sans discontinuité tout le long des pistes qui traversent le parc (ce que nous n’avons observé nulle part ailleurs jusqu’à présent !). La faune y est riche et variée, comportant à peu près tout ce qu’il est possible d’avoir en milieu tropical humide, à l’exception des espèces exterminées par le braconnage. Le parc abrite notamment un petit troupeau d’éléphants (renforcé en mars 2014 par quatre individus transportés à grand frais de Daloa, où ils causaient des nuisances aux planteurs locaux), des singes, des herbivores de toutes sortes, des reptiles et une multitude d’espèces d’oiseaux.
Images de la végétation luxuriante de la partie nord du Parc National d'Asagny.
Il est toutefois très difficile de les observer directement en raison de la densité de la végétation et du fait que la présence des visiteurs est toujours facilement décelable pour les animaux. Il faudrait progresser silencieusement et, éventuellement, rester à l’affût dans certaines zones connues pour abriter certains animaux ou comme lieux de passage. En ce qui concerne les oiseaux qui, pour la plupart, fréquentent essentiellement la canopée, il suffit d’écouter pour reconnaître leurs cris divers et identifier ainsi en première approximation les espèces présentes. Même en l’absence de l’homme, le parc d’Azagny est tout sauf silencieux !

Après 4 km de marche, on atteint l’ancien complexe hôtelier du Parc. Particulièrement bien conçu et intégré dans la forêt, il a été abandonné au début des années 2000 et saccagé par la suite. Y passer la nuit permettait de s’imprégner de l’ambiance de la forêt et de se livrer à des observations tard le soir ou au petit matin. Le restaurer ajouterait un atout de poids au parc.

A gauche : Une image typique du sous-bois de la partie nord du parc d'Asagny. A droite, un petit aperçu de la diversité des lépidoptères présents sur tout le parcours.

Un peu plus loin, on accède à un promontoire qui offre une vue spectaculaire sur la partie sud du parc, jusqu’à la lagune et le canal d’Azagny. La végétation y est un peu moins dense et recèle deux grandes clairières appelées « petites savanes ». Dans l’une d’elles se trouve un mirador qui domine la zone et permet des observations lointaines à la jumelle.

Aux alentours, le village de Boyo (au sud est), offre un panorama magnifique sur la lagune et le sud du parc jusqu’à l’embouchure du Bandama, et le village de Nandibo 2 (au nord, sur la Côtière), dispose d’un sympathique lieu d’accueil (maquis restaurant, avec 2 chambres).