Qu'est-ce que la fièvre Ebola?

La maladie à virus Ebola est due à un virus à ARN de la famille de floriviridés (filovirus). Elle est apparue pour la première fois en 1976 en deux endroits séparés : à Nzara, au Soudan, et à Yambuku, en RDC. Il s’agit d’un village proche de la rivière Ebola, qui a donné son nom au virus.
Le genre Ebolavirus comporte cinq souches. Les souches soudanaise, Zaïre et Bundibugyo sont responsable de grandes épidémies en Afrique centrale, alors que ce n’est pas le cas de la souche ivoirienne (forêt de Taï). La 5eme espèce (Reston), découverte aux Philippine et en Chine, peut infecter les humains mais ne provoque pas de maladie.

La maladie se développe après une incubation de 2 à 21 jours.  Une fois déclarée, elle peut provoquer fièvre, faiblesse, douleurs musculaires, céphalées et mal de gorge, qui sont suivis par des vomissements, de la diarrhée, une éruption cutanée et, dans certains cas, des saignements. Face à de tels symptômes, qui, hormis les deux derniers, sont assez répandus en Afrique, du fait du paludisme et des troubles dus aux parasites et infections digestives, il ne faut pas paniquer : seuls des tests de laboratoire permettent de confirmer la nature de la maladie.

En l’absence de traitement de soutien, elle évolue vers un état d’extrême faiblesse, une dégradation de l’état général avec insuffisances hépatique et rénale et le décès. L’isolement des malades et l’observation de multiples précautions dans leur approche sont indispensables. On ne dispose d’aucun traitement spécifique contre la maladie elle-même, ni préventif, ni curatif. Il n’y a pas de vaccin pour le moment, on annonce qu’un vaccin pourrait toutefois être prochainement être fourni aux personnels soignants pour les protéger (cette information est à prendre avec circonspection !). De même des traitements expérimentaux sont en cours d’évaluation. Le taux de mortalité varie entre 35 â 90% des cas.
Chauve-souris frugivore abattue à Grand Bassam en janvier 2007 (elles font de gros dégâts dans les jardins de la cité balnéaire). Les espèces Hypsignathus monstrosus, Epomops franqueti et Myonycteris torquata sont suspectées d'être des réservoirs du virus (source OMS).
La maladie touche les animaux de la forêt profonde.  Elle a notamment provoqué des hécatombes chez les grands singes anthropoïdes d'Afrique centrale, mais on pense que, comme l’homme, ils ne sont pas le réservoir du virus mais seulement des hôtes accidentels. La transmission primaire à l'homme s'effectue par contact avec les animaux,  en particulier par la chasse, la manipulation d'animaux malades ou morts (singes, chauves-souris frugivores, antilopes de forêt, porc-épic) et la consommation de viande de brousse (malheureusement pour eux, les singes sont très appréciés...). La maladie est réputée très contagieuse d'homme à homme. Elle se transmet par contact direct avec les fluides corporels ou les sécrétions des malades (à cet égard, le personnel soignant est en première ligne) et surtout lors des rites funéraires (les victimes décédées restent contagieuses et les funérailles sont souvent l'occasion de grands rassemblements, de déplacements de personnes et de contacts multiples avec le défunt). Les malades en période d’incubation ne sont pas contagieux et ne le sont que faiblement au début du stade symptomatique. Il ne semble pas qu’il y ait d’autre mode de transmission que le contact direct. En particulier, il n’y aurait pas de contamination par voie aérienne comme avec la grippe ou la rougeole. Donc un porteur du virus qui s’ignore a très peu de chance de contaminer les voyageurs qui prennent le même avion ou qui le côtoient dans un aéroport.