Où en est l'épidémie ?
Jusqu’à une époque récente, la maladie à virus Ebola n’avait été diagnostiquée qu’en Afrique centrale. Les épidémies causaient quelques dizaines de décès et s’éteignaient spontanément en quelques mois d’observation des précautions de base et de strict isolement des malades. D'abord localisée dans le sud forestier de la Guinée, notamment dans les préfectures de Gueckédou, Macenta et Kissidougou, l'épidémie actuelle apparue en décembre 2013 est due à l’espèce Zaïre.
Carte interactive de l'épidémie d'Ebola en cours (Healthmap.org)

Elle a atteint Conakry puis s’est propagée rapidement au Liberia puis dans un deuxième temps à la Sierra Leone. Des cas de fièvre hémorragique survenus entre 2006 et 2008 en Sierra Leone lors d'une épidémie de fièvre de Lassa ont montré que le virus y était déjà présent à cette époque. Le 25 juillet, un Libérien est décédé du virus peu après son débarquement à l'aéroport de Lagos au Nigéria, ville la plus peuplée d'Afrique. L’une des infirmières qui l’a pris en charge est décédée elle aussi à Lagos le 5 août (source AFP). La fièvre Ebola a contaminé plusieurs personnes à Lagos, première ville du pays avec plus de 20 millions d'habitants, puis s'est propagée au port pétrolier de Port Harcourt. Après une surveillance intensive et la mise en quarantaine de centaines de personnes, plusieurs décès parmi les personnels soignants, le Nigeria a été finalement déclaré débarrassé du virus Ebola par l'OMS le 20 d'octobre, après plus de 42 jours sans cas constaté. Quoi qu'il en soit, il s'agit de loin de la plus grave épidémie d'Ebola en près de 40 ans d'histoire de la maladie.


Le Comité a reconnu à l’unanimité que les conditions d’une urgence de santé publique de portée internationale sont réunies. Dans les états où il y a une transmission du virus Ebola (actuellement Guinée, Liberia, Nigeria et Sierre Leone), le Chef d’État doit déclarer l’état d’urgence au niveau national, s’adresser personnellement à la nation pour donner des informations sur la situation, indiquer les mesures prises pour combattre la flambée. Un train de mesure spécifiques très énergiques est spécifié pour ces états. Les états limitrophes (ce qui est le cas de la Côte d'Ivoire) doivent mettre en place une surveillance particulière, considérer tout cas suspect comme une urgence, faire procéder à la confirmation des cas et, si l'un d'eux est identifié comme un cas de virus Ebola, appliquer les mesures prescrites aux pays où la transmission est avérée. Pour tous les autres états, il ne doit pas y avoir d’interdiction générale appliquée aux voyages ou au commerce, il faut (entre autres) donner au grand public des informations exactes et pertinentes sur la flambée d’Ebola et les mesures prises pour réduire le risque d’exposition.

Le trafic aérien à destination de Conakry, Freetown, Monrovia et Lagos est très perturbé. La compagnie nigeriane Arik Air a été l’une des premières à réagir en suspendant ses vols vers le Libéria et la Sierra Leone alors qu’un de ses ressortissants est tombé malade.  Elle a finalement été autorisée à reprendre ses vols le 2 août entre Lomé et Lagos. 


L'épidémie de virus Ebola suscite une actvité médiatique intense, tant sur les supports ivoiriens (Journal de 13 heures du 30 juillet sur la télévision nationale RTI1, ci-dessus) qu'internationaux (émission "C dans l'air" du 13 août 2014 sur France 5 ci-dessous).
Le même jour, Emirates a été la première grande compagnie aérienne à suspendre ses vols vers la Guinée jusqu’à nouvel ordre. Le 4 août, British Airways a décidé également de suspendre ses vols vers le Liberia et la Sierra Leone.
L’IATA n'a pour l'instant pas conseillé à ses membres de restreindre les vols vers les pays touchés par l'épidémie après des échanges avec l'OMS. De leur côté, les autorités ivoiriennes ont suspendu le 10 août tous les vols vers Abidjan en provenance des pays touchés.
 Seules Brussels Airlines, Air France-KLM et Royal Air Maroc continuent à desservir les pays infectés, mais les personnels de bord (PNC) d'Air France, se jugeant désarmés face à la menace, malgré les mesures préventives mises en place dans les aéroports de départ (prise de température, etc.), sont réticents à embarquer sur ces vols déclarés à risques par le Comité d'Hygiène et Sécurité (CHSCT) de la Compagnie. qui a finalement annoncé le 27 août sa décison de suspendre provisoirement les vols vers Freetown au Sierra Leone, mais maintient ses vols vers Conakry (Guinée) et Lagos (Nigeria). Le Ministère des Affaires Etrangères français a émis une alerte en recommandant aux voyageurs français de suspendre tout projet de voyage dans les pays où des cas de fièvre hémorragique à virus Ebola sont avérés.

Les dirigeants des 4 pays de l'Union du Fleuve Mano (Guinée, Libéria, Sierra Leone et Côte d’Ivoire) ont pris début août  un train de mesures très énergiques pour circonscrire cette épidémie rebelle. On espère qu'elles seront effectivement appliquées et suivies d'effet même si cela dépend dans une large mesure de la discipline des populations, et en la matière, tous les doutes sont permis. Ils ont également lancé un appel à l'aide internationale, pourtant déjà mobilisée sur le terrain (on compte des victimes parmi les médecins américains). Face à l'expansion de la maladie qui semble inexorable en Sierre Leone et surtout au Liberia, la Côte d'Ivoire a décidé le 22 août de fermer ses frontières terrestres avec la Guinée et le Liberia (Premier Ministre sur RTI).
Le Mali a déclaré officiellement un premier cas de maladie à virus Ebola le 24 octobre, chez une fillette venue de Guinée avec sa grand-mère. Puis, d'une manière totalement séparée, une infirmière est décédée de la maladie le 11 novembre. Au 21 novembre, on comptait 6 cas au Mali, tous mortels. Deux nouveaux cas ont été confirmés le lendemain. 
Le 12 août, le groupe d’experts réuni par l'OMS a estimé qu’il était conforme à l’éthique de proposer comme traitement ou prophylaxie potentielle des interventions qui n’ont pas encore fait leurs preuves et dont l’efficacité et les effets indésirables sont encore inconnus. Une manière "diplomatiquement correcte" de dire que les traitements, sérums et vaccins expérimentaux vont pouvoir êttre utilisés sur le terrain, moyennant les précautions d'usage. "Wait and see"...
Le 28 août, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) a publié  une « feuille de route » pour orienter et coordonner l’action internationale contre la flambée de maladie à virus Ebola en Afrique de l’Ouest.

L'OMS reconnaît (8 septembre) que la situation au Liberia exige des moyens "non-conventionnels", chaque nouveau centre de soins spécialisé étant saturé dès son ouverture.
Le gouvernement de Sierra-Leone a décidé de confiner toute la population du pays à domicile du 19 au 21 septembre, afin d'y détecter plus facilement les cas de maladie d'Ebola, qui ne cesse de progresser. Au cours de cette opération, 60 à 70 corps de victimes de la maladies et 22 nouveaux cas auraient été découverts (AFP). 6 cas et 4 décès ont été signalés dans le district de Grand Kru, tout proche de la Côte d'Ivoire.

Au 17 décembre, le bilan de l'épidémie s'établi comme suit :

  • au total, on compte 18 603 cas dont 6 915 mortels
  • en Guinée : 2 415 cas dont 1 525 décès
  • au Liberia : 7 797 cas dont 3 290 décès
  • en Sierre Leone : 8 356 cas dont 2 085 décès

Pour les pays où la transmission est faible, indirecte, voire stoppée :

  • au Mali : 8 cas dont 6 décès
  • au Nigeria : 20 cas dont 8 décès
  • au Sénégal : 1 cas et aucun décès
  • en Espagne : 1 cas (aucun décès)
  • aux USA : 4 cas dont un décès

un des opérateurs de téléphonie mobile les plus populaires de Côte d'Ivoire a transmis régulièrement des messages d'information ciblés.
La maladie est réapparue dans l'Est de la RDC (province de l'Equateur), pays déjà touché à 7 reprises par le virus. La femme d'un chasseur est décédée le 11 août avant de contaminer plusieurs personnes. Le diagnostic a été confirmé par les examens de laboratoire. Au 24 septembre, l'OMS annonce 70 cas dont 42 décès (8 cas dont 8 décès parmi le personnel soignant). Cette flambée dûe à la souche locale (Zaïre) est totalement indépendante de celle que connaît actuellement l'Afrique de l'Ouest. L'OMS l'a déclarée éteinte le 21 novembre..
Un premier cas confirmé (qui reste unique à ce jour) est apparu au Sénégal. Il s'agit d'un étudiant guinéen qui a échappé à la surveillance médicale dans son pays et qui est entré au Sénégal antérieurement à la fermeture des frontières proclamée le 21 août. Il a été localisé dans un hôpital de Dakar et mis en quarantaine, et 74 personnes qui ont été en contact avec lui ont été identifiées et sont suivies. Au 24 septembre, aucun décès lié à la maladie n'a été signalé dans ce pays. L'épidémie a été déclarée éteinte par l'OMS le 17 octobre.