Quels risques pour la Côte d'Ivoire ?

Le Liberia et la Guinée sont frontaliers de la Côte d'Ivoire à l'ouest et au Nord-Ouest. Le contrôle des mouvements aériens est relativement facile. En revanche la fermeture des frontières terrestres risque d’être inopérante. En dehors des points de passage organisés, les frontières sont extrêmement perméables, d’autant qu’il y a entre les divers pays une continuité ethnique propice aux échanges (les frontières issues de la décolonisation n’incorporent pas bien les aspects ethniques). La Côte d’Ivoire a plusieurs fois repoussé des convois entrés par l’Ouest.

A l’Est, le risque semble moins immédiat. Le Nigeria est séparé de la Côte d’Ivoire par le Ghana, le Togo et le Bénin. Même si le Nigeria est la première puissance économique d’Afrique subsaharienne, les échanges avec la Côte d’Ivoire sont modérés, notamment du fait de la barrière linguistique. Il en est de même avec les deux voisins les plus proches (Ghana et Liberia), alors que la Côte d’Ivoire héberge une importante communauté guinéenne (francophone). Les échanges avec le Ghana sont importants dans le Sud côtier de la Côte d’Ivoire, où sont implantés de nombreux villages de pêcheurs ghanéens.
La Côte d’Ivoire a connu un seul cas non mortel en 1994 (dans la forêt de Taï). Aucun cas rattaché à l’actuelle épidémie n’a été déclaré. Les forêts ivoiriennes se réduisent comme peau de chagrin. La seule forêt qui compte encore des chimpanzés en nombre est la forêt de Taï, à l’Ouest, mais nous n’y allons pas pour des raisons de sécurité. Les chauves-souris frugivores sont plus nombreuses à Abidjan que les pigeons dans les capitales européennes, mais il ne semble pas qu’elles soient d’une des trois espèces reconnues comme porteuses saines du virus Ebola.

Les trois pays où l'épidémie de virus Ebola s'est déclarée et fait rage actuellement sont une source potentielle de contamination par  voie terrestre à l'Ouest de la  Côte d'Ivoire. En revanche, le Nigeria (victime d'un cas importé du Libéria) est plus éloigné.

Le gouvernement ivoirien a édicté un certain nombre de recommandations et de directives. En particulier, il est « déconseillé » de consommer de la viande de brousse (singes, antilopes, rongeurs, porc-épic…). Toute la communauté médicale est sur le qui-vive et les populations sont sensibilisées. Toute personne présentant des symptômes suspects doit consulter et demander un avis médical. Les récentes mesures prises au niveau de l’Union du fleuve Mano devraient réduire encore les risques.

L'application des décisions prises par l'OMS le 8 août et s'appliquant tant aux pays possédant des cas confirmés qu'aux pays limitrophes devrait freiner, voire arrêter la progression de l'épidémie, qui, dans ces conditions, pourrait s'arrêter spontanément en quelques semaines ou quelques mois, comme ce fut le cas à chaque flambée du virus. Les résultat dépendra sans doute de la rigueur avec laquelle ces mesures seront appliquées et de la diligence et de la fermeté de la Communauté Internationale et des Etats en la matière.

A ce jour, les précautions semblent bien respectées. Des affiches d'information sont visibles un peu partout et la population est parfaitement sensibilisée au risque Ebola... à tel point que chaque cas tant soit peu suspect provoque des mouvements de quasi-panique. De ce fait, il n'y a dont officiellement toujours aucun cas avéré en Côte d'Ivoire. 
Bien que le risque zéro n’existe pas, nous considérons comme négligeable, voire inexistant le risque de contracter la maladie à virus Ebola lors de nos périples qui se tiennent loin des zones à risque et prennent en compte les précautions élémentaires concernant cette éventualité.
Des affiches d'information sont visibles un peu partout à Abidjan, comme ici sur le portail d'un groupe scolaire