Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Le Sud Forestier 

Initialement située en bord de mer à l’embouchure du fleuve Bandama, Grand Lahou est l’exemple même de l’évolution des côtes de cette région. En effet, régulièrement attaquée par l’érosion marine, la vieille ville de Grand Lahou, historiquement première capitale économique de la Côte d’Ivoire, a dû être abandonnée et n’est plus qu’une ville fantôme. Pour la visiter, il faut traverser la lagune et marcher à pieds sur le cordon lagunaire (attention aux coups de soleil, un vêtement de pluie léger est également conseillé car il n’y a pas d’abris). Le paysage assez surréaliste vaut le détour. 

Lors de la création de cette page, en 2014, nous écrivions : «Englobés dans un village aux constructions précaires en feuilles de palmier, les bâtiments coloniaux qui subsistent se dégradent malheureusement d'une manière très rapide. Une église a été reconstruite un peu plus loin, à côté d'une école, mais la toiture de son clocher s'est effondrée récemment (décembre 2013). Un étang, joliment aménagé à proximité, bordé de cocotiers et de palétuviers, offre un site rafraîchissant et reposant.»
 
Malheureusement, les éléments poursuivent inexorablement leur œuvre destructrice, et aucune mesure préventive ne semble avoir été prise pour préserver les vestiges d’une époque révolue. Dans le courant de 2015, le puissant fleuve Bandama et l’océan déchaîné ont complètement décapé la majeure partie de la bande de sable qui portait l’ancienne ville. Ainsi, les fragiles maisons de pêcheurs, l’embarcadère qui desservait le village et les ruines de la splendeur coloniale sont partis dans la mer avec le sable qui les soutenait. Comme la plupart des images qu’on voit habituellement de cette zone (y compris les images satellite de Google Earth – publicité gratuite - ), la plupart des photos de notre site, que nous avons prises en 2012 et 2014, ne sont plus désormais que de vagues réminiscences du passé. C’est donc à ce titre que nous les avons laissées.
En novembre 2015, nous avons réalisé de nouvelles images qui montrent clairement où se situe maintenant la limite de l’eau. Le cimetière, régulièrement inondé, qui était depuis longtemps à l’abandon et laissé comme terrain de jeux aux cabris, n’est plus qu’à une portée de jet des flots et s’apprête à basculer lui aussi dans la mer. En revanche, l’église, dont le clocher n’a pas été réparé, est toujours debout. Les bateaux qui effectuent la traversée accostent désormais beaucoup plus à l’ouest, où la bande de sable est beaucoup plus large et moins menacée. Il faut ensuite marcher à pied. On retrouvera l’église et les aménagements coquets qui la jouxtent, et on pourra approcher l’embouchure bouillonnante, mais la vieille ville fantôme de Grand Lahou n’est plus qu’un souvenir du passé. 

L'érosion marine se voit particulièrement à Grand Lahou (Lahou Plage) et gagne du terrain à chaque tempête.
Un village de pêcheurs constitué de constructions précaires s'était installé entre les ruines de la ville coloniale. Il a été lui aussi partiellement détruit par la mer.
En 2012, il subsistait même un semblant de voirie entre les immeubles coloniaux en ruine et au centre du village.
Photos prises en novembre 2012 de la vieille ville coloniale de Grand Lahou. Première capitale économique de la Côte d'Ivoire, elle a été complètement abandonnée du fait de l'érosion marine. Elle était alors devenue le terrain de jeu des jeunes du village de pêcheurs qui y subsistait et des nombreux cabris qui y vagabondaient en toute quiétude. Courant 2015, ces vestiges ont été emportés par les flots déchaînés et ne sont plus désormais qu'un vieux souvenir.
En novembre 2015, toute la vieille ville a disparu. L'immeuble imposant qui était au coeur du village (voir photo plus haut) est désormais au bord de l'eau et attend son tour pour être englouti
Où le phénomène d'érosion s'arrêtera-t-il ? En mai 2014 (à gauche), la bande de sable qui sépare la mer et la lagune s'avançait dans l'embouchure du Bandama, à l'extérieur de l'ancienne ville, et des jeunes pouvaient y pêcher. En novembre 2015 (à droite), la rive a reculé de plusieurs centaines de mètres, engloutissant la ville et le village, et le front d'érosion est parfaitement visible. 
Grand Lahou a été reconstruite environ 20 km à l’intérieur des terres. La ville est très calme et vit essentiellement au rythme de l’agriculture de rente (latex et huile de palme). Elle ne présente pas beaucoup d’intérêt en elle-même. On y trouvera toutefois plusieurs endroits convenables pour l’hébergement et la restauration. Notamment, si on prévoit à temps, on peut bénéficier de produits frais.