Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Après Yamoussoukro et la Région des Lacs, Man et la Région des Montagnes est notre deuxième incursion hors du Sud « Forestier ». 

Située à 455 km d'Abidjan à vol d’oiseau (et 570 par la route), Man, "la ville aux 18 montagnes" est la grande ville de l'ouest ivoirien. Elle est proche de la frontière libérienne. Avec près de 200 000 habitants, c'est le chef-lieu de la région du Tonkpi. La ville a connu de graves violences pendant les diverses crises qui ont secoué le pays, comme en témoigne l'imposant "bunker" en centre-ville, qui servait de siège à la BCEAO et a été dévasté et pillé et laissé en l'état... et fort heureusement remplacé par un édifice d'architecture moderne beaucoup plus élégant. D'autres établissements et bâtiments portent encore des stigmates de la guerre, et il reste aussi beaucoup de chantiers inachevés. De nombreuses organisations humanitaires et/ou caritatives ont encore d'importants effectifs à Man. Mais désormais la région est paisible et les populations sont globalement accueillantes. L’hôtellerie et la restauration sont abondantes, mais d'une qualité très inégale. On trouve en centre-ville de nombreuses agences bancaires équipées de distributeurs.  
Depuis Abidjan, la route est longue mais elle est en relativement bon état. Il faut compter 7 à 8 heures de trajet. Itinéraire recommandé : Yamoussoukro (autoroute), Bouaflé, Daloa, Duékoué, Bangolo, Man. Sur le trajet, on rencontrera plusieurs sites remarquables, comme le fleuve Sassandra, qu'on traverse entre Guessabo et Dibobli, où il s'élargit en un vaste lac artificiel ramifié, d'où émergent des forêts noyées. Plusieurs compagnies de transport desservent la destination au départ d'Adjamé. On peut aussi emprunter les avions d'Air Côte d'ivoire. L'aéroport est à une vingtaine de kilomètres au sud de la ville.
 
Ce qui frappe au premier abord à Man, c'est le paysage, qui diffère radicalement de ce qu'on connaît dans le Sud. En effet, la ville est située dans une cuvette entourée de montagnes plus ou moins brumeuses. La silhouette de ces montagnes domine le paysage en imprimant sur l'horizon leur curieux contour dominé par d'énormes rochers et des arbres immenses aux profils typés. Certaines collines rocheuses ont des airs de jardin japonais... géant. Car dans la région de Man, il reste beaucoup de "vrais" arbres, des beaux et grands arbres vigoureux au bois dur et noble... même si les dégâts causés par les forestiers sont parfaitement visibles, comme les errements du soi-disant reboisement monospécifique (il y a beaucoup de scieries dans la région). Ici c'est le teck, un arbre asiatique, qui domine comme essence de reboisement. Mais si on se réfère à notre critère habituel fondé sur la quantité et la diversité des lépidoptères, la biodiversité de la région est d'une richesse exceptionnelle. 

II y a une multitude de sites naturels dignes d'intérêt à proximité immédiate. En premier lieu, il y a 3 cascades. La plus connue est aménagée... mais un peu trop à notre goût. Située en pleine forêt, dans un périmètre sauvegardé et entretenu, elle est un but de distraction pour les jeunes qui viennent s'y baigner et s'y rafraîchir (et chahuter) les jours de congé. Nous recommanderons donc d'éviter de s'y rendre ces jours-là si on veut profiter calmement de ce site frais et reposant. Vous aurez sans doute des difficultés pour trouver un véhicule qui vous conduira à l'entrée même du site, et vous devrez donc marcher un bon kilomètre sur un chemin en pente, bordé d'arbres, mais une fois arrivé à l'entrée du site protégé, il faut encore prévoir de descendre (et surtout de remonter) un escalier assez raide aux marches inégales. Outre la chute d'eau, les ruisseaux et les aménagements, un pont de lianes(c’est une spécialité locale), non praticable celui-là (le "vrai" pont de lianes est situé à Danané, à environ 80 km à l'ouest), on observera de nombreux arbres spectaculaires et une multitude de papillons et de libellules attirée par la fraîcheur et l'humidité du sous-bois.

Autre attraction, les singes de la forêt sacrée de Gbêpleu. Cette forêt sacrée qui, paraît-il, a subi par derrière les assauts des forestiers, jouxte un petit cimetière. Après quelques minutes d'appels et de travaux d'approche, (prévoir quelques bananes), les singes finissent par s'habituer à la présence humaine, jouer, s'épouiller, et "vivre leur vie" quasi normalement. Car ici, les primates sont nombreux, il y en a une grande famille avec des sujets de tous âges et des jeunes femelles avec des petits. On peut leur tirer le portrait à bout portant. Un zoom de 200 mm équivalent suffit largement, même un Smartphone ou une tablette permet d'obtenir des clichés mémorables. Il faut bien le dire, on n'a jamais vu ça ailleurs ! 
Le climat de Man est sensiblement plus chaud et sec que celui d'Abidjan, sans être totalement identique à celui des Savanes, et avec une saison des pluies très marquée, au cours de laquelle se produisent souvent des inondations, favorisées par le relief, et peut être aussi par les "aménagements" humains.

La bonne saison pour visiter Man est novembre décembre. Nous envisageons d'ajouter ultérieurement un circuit sur cette région indiscutablement très intéressante à notre programme. 

Le paysage de Man est dominé par les montagnes environnantes
L'affreux bunker saccagé de la BCEAO, monument difficilement évitable du centre-ville de Man
Aspect typique d'un quartier populaire de Man
Aspect typique de la périphérie de Man. En arrière-plan, "la dent de Man"
La cascade un jour d'affluence. Les roches mousseuses n'effraient pas les jeunes casse-cou.
Branle-bas de combat un dimanche matin dans la forêt sacrée : "Gérard, habille-toi, on a de la visite !"
Certaines collines rocheuses alentour ont un faux air de "jardin japonais".