Le fleuve Sassandra en aval du barrage de Soubré
Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Deux barrages pour un  seul fleuve ! 

La région de Soubré est principalement structurée par le puissant et majestueux fleuve Sassandra, qui traverse la ville, avec ses méandres, ses rapides, ses bras et ses îles. La puissance du fleuve est telle que, sur 75 km, il comporte deux barrages majeurs : celui de Buyo, au Nord-Ouest, en lisière du parc National de Taï, qui détermine le lac éponyme de forme fourchue, dont on traverse une branche à Guessabo, sur la route entre Daloa/Issia et Duékoué, et l’autre peu avant Guiglo sur la route venant de Duékoué. L’autre barrage est celui de Soubré, à proximité immédiate de la ville, dont la mise en eau vient de commencer (printemps 2017). Construit par les Chinois, et d’un coût total de 331 milliards de FCFA, soit 504 millions d’euros, il a été financé par un prêt de la banque China Eximbank. Avec une longueur de 4 km, c’est le plus grand barrage d’Afrique de l’Ouest. Il se compose de trois ouvrages principaux : le barrage de retenue proprement dit, le dispositif d’écrêtage des crues et l’usine hydroélectrique, comprenant trois générateurs de 90 MW. Des ouvrages annexes permettent, notamment, l’alimentation régulière des chutes de la Nawa, site sacré qu’il était hors de question de condamner. Cet ouvrage auxiliaire est également équipé d’un générateur qui permet de produire quelques MW supplémentaires, pour porter le total à 275 MW. L'usine hydroélectrique est située sur une dérivation du fleuve, canalisée par une gorge impressionnante taillée dans la roche, qui  passe sous un nouveau pont créé sur la route qui mène à San Pedro et rejoint le cours principal dans la ville même de Soubré,.

Le projet du barrage de Soubré étant déjà ancien, les études n’ont pas manqué. Les populations impactées par la montée des eaux ont été relocalisées, et une zone de 200 ha, constituée de terre, d’îles et d’eau, a été prévue pour conserver la biodiversité, encadrée par des «experts»… Il est évident que nous suivrons cette affaire de près ! 

A l'époque où nous avons réalisé les images qui illustrent cette page (mai 2017), le barrage étant encore en travaux, et les premires essais des turbines étaient menés. Les visites n'étaient pas encore organisées, et c’est à titre exceptionnel que nous avons pu nous rendre sur le site, bénéficier de toutes les explications voulues et y faire des photos. Lorsque l’installation sera opérationnelle et rôdée, on peut imaginer que les visites seront plus régulières et organisées, et aussi que l’ensemble sera plus spectaculaire en raison des flux d’eau et d’énergie qui y circuleront. Il est probable que, lorsque le lac du barrage de Soubré sera entièrement rempli et constitué, il génèrera des activités similaires à celles qu'on peut mener autour du lac de Buyo (pêche, excursions en bateau, etc.).

Notons que le barrage de Soubré a été inauguré par le Président Alassane Ouattara le 02 novembre 2017.

Les MW du barrage de Soubré cheminent d'une manière peu discrète vers la station de transformation.
Visite du barrage de Soubré. On nous dit tout, ou presque !
Sortie de l'ouvrage de régulation. A l'arrière plan, la zone pressentie pour la conservation de la biodiversité.
Le flux sortant de cet ouvrage... la saison étant très sèche, une vanne sur quatre seulement est entrouverte. 
Arrivée à l'ouvrage qui surplombe l'usine hydroélectrique.
L'une des trois conduites qui amène l'eau aux turbines de l'usine hydroélectrique après une chute de 70 m.
Baignade peu recommandée...
Sur l'ouvrage qui surplombe l'usine hydroélectrique.
Le canal taillé dans la roche qui sort de l'usine hydroélectrique, vide pour le moment.
En amont du barrage, le futur lac se remplit et une "forêt noyée" est en formation.
En aval de l'usine hydroélectrique.