Le fleuve Sassandra en aval du barrage de Soubré
Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Soubré, capitale de la Nawa

Rattachée administrativement au Bas-Sassandra (San Pédro), dont elle est distante de 130 km par la route, la ville de Soubré est une ville de 130 000 habitants (2014), préfecture de la région de la Nawa. Pour l’atteindre à partir d’Abidjan, l’itinéraire préférentiel passe par l’autoroute du Nord jusqu’à n’douci, puis Tiassalé – Divo – Lakota – Gagnoa, soit environ 360 km. La route est correcte et peut se faire avec un véhicule de ville ordinaire, mais pour les excursions dans la région, un véhicule 4x4 est préférable.

Le fleuve Sassandra vu du nouveau pont à l'entrée de Soubré
Les MW du barrage de Soubré cheminent d'une manière peu discrète vers la station de transformation.
Le fleuve Sassandra à la sortie de l'ouvrage de régulation du barrage de Soubré

Deux barrages pour un  seul fleuve ! 
La région de Soubré est très agricole, et notamment très active dans la culture du cacao (hélas de plus en plus remplacée par celle de l’hévéa, qui risque de mener à un désastre écologique). Mais elle est surtout structurée par le majestueux fleuve Sassandra, qui traverse la ville, avec ses méandres, ses rapides, ses bras et ses îles. La puissance du fleuve est telle que, sur 75 km, il comporte deux barrages majeurs : celui de Buyo, au Nord-Ouest, en lisière du parc National de Taï, qui détermine le lac éponyme de forme fourchue, dont on traverse une branche à Guessabo, sur la route entre Daloa/Issia et Duékoué, et l’autre peu avant Guiglo sur la route venant de Duékoué. L’autre barrage est celui de Soubré, à proximité immédiate de la ville, dont la mise en eau vient de commencer. Construit par les Chinois, et d’un coût total de 331 milliards de FCFA, soit 504 millions d’euros, il a été financé par un prêt de la banque China Eximbank. Avec une longueur de 4 km, c’est le plus grand barrage d’Afrique de l’Ouest. Il se compose de trois ouvrages principaux : le barrage de retenue proprement dit, le dispositif d’écrêtage des crues et l’usine hydroélectrique, comprenant trois générateurs de 90 MW. Des ouvrages annexes permettent, notamment, l’alimentation régulière des chutes de la Nawa, site sacré qu’il était hors de question de condamner. Cet ouvrage auxiliaire est également équipé d’un générateur qui permet de produire quelques MW supplémentaires, pour porter le total à 275 MW. 

Le projet du barrage de Soubré étant déjà ancien, les études n’ont pas manqué. Les populations impactées par la montée des eaux ont été relocalisées, et une zone de 200 ha, constituée de terre, d’îles et d’eau, a été prévue pour conserver la biodiversité, encadrée par des « experts »… Il est évident que nous suivrons cette affaire de près ! 
Tout autour de Soubré, il y a plusieurs buts d’excursion. 
Le barrage étant encore en travaux, les visites ne sont pas encore organisées, et c’est à titre exceptionnel que nous avons pu nous rendre sur le site, bénéficier de toutes les explications voulues et y faire des photos. Lorsque l’installation sera opérationnelle, on peut imaginer que les visites seront plus régulières et organisées, et aussi que l’ensemble sera plus spectaculaire en raison des flux d’eau et d’énergie qui y circuleront. 
On peut aussi pousser jusqu’au barrage de Buyo et excursionner au bord du lac. 

Visite du barrage de Soubré. On nous dit tout, ou presque !
Sortie de l'ouvrage de régulation. A l'arrière plan, la zone pressentie pour la conservation de la biodiversité.
Le flux sortant de cet ouvrage... la saison étant très sèche, une vanne sur quatre seulement est entrouverte. 
Arrivée à l'ouvrage qui surplombe l'usine hydroélectrique.
Baignade peu recommandée...
L'une des trois conduites qui amène l'eau aux turbines de l'usine hydroélectrique après une chute de 70 m.
Sur l'ouvrage qui surplombe l'usine hydroélectrique.
Le canal taillé dans la roche qui sort de l'usine hydroélectrique, vide pour le moment.
En amont du barrage, une "forêt noyée" est en formation.
En aval de l'usine hydroélectrique.
Les chutes de la Nawa sont un autre site très spectaculaire à proximité immédiate de la ville de Soubré. On y accède par une piste de quelques km qu’il faut parcourir à pied si on ne dispose pas du véhicule adapté. On entend le bruit de l’eau en furie bien avant d’arriver sur le site et la puissance des éléments s’y révèle immédiatement. Signalons toutefois que le site est l’objet d’un culte et qu’on n’y accède qu’en se ménageant les bonnes grâces des divinités (et des populations) qui en ont la garde…  
En dehors de ces sites remarquables, il est possible d’organiser dans la région des circuits cacao pour découvrir toutes les étapes de la production et de la première transformation de cette matière très particulière dont la Côte d’Ivoire est le premier producteur mondial.
Les chutes de la Nawa : chutes sacrées, sacrées chutes !
On recommande ! Campement Hotel à Soubré 
Une mention particulière pour cet établissement de classe moyenne construit avec goût et intelligence, dans une architecture originale faisant une large place au bois apparent, et dans un cadre verdoyant planté d’arbres choisis (sablier des Antilles, niaouli…). 
Les chambres climatisées sont construites autour d’un petit jardin mêlant palmiers, cycas, euphorbes et cacaoyers. Les WC-lavabos-douches sont vastes, avec eau « coulante » chaude et froide et un vrai bac à douche. 
La restauration est assurée dans une grande salle avec TV et Wi-Fi et à l’extérieur, sous les frondaisons ou sous des appatams conçus avec goût. 
En un mot, depuis que nous circulons en Côte d’Ivoire, c’est le meilleur établissement de ce genre que nous ayons rencontré.  
L’endroit étant réputé et souvent occupé par des congrès, réunions, séminaires, etc., il est prudent de réserver à l’avance.
Le bâtiment du Campement Hotel de Soubré est parfaitelent intégré dans un cadre verdoyant et aménagé avec beaucoup de goût.
L'accès aux chambres, où domine le bois naturel, se fait via une sorte de petit jardin.
On peut se faire servir à l'extérieur, sous les arbres, et s'abriter sous des appatams bien intégrés au décor en cas de pluie (fréquentes dans la région !)