Paysage de la réserve de faune d'Abokouamekro
Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Outre la ville et sa fameuse basilique, la région de Yamoussoukro comporte deux parcs Nationaux. 

Proche de Bouaflé, le parc National de la Marahoué offre une surface « protégée » de 101 000 ha. Aux dernières nouvelles, selon les dires mêmes des responsables locaux de l’OIPR (Office Ivoirien des Parcs et Réserves) rencontrés le 11 mai 2017 dans leurs locaux à Yamoussoukro, ce parc a été envahi par des occupants clandestins, qui y ont installé des cultures. Le schéma est habituel. Le résultat est que le PN de la Marahoué est actuellement fermé aux visites.
  
A environ 50 km au nord-est de Yamoussoukro, la réserve d’Abokouamékro est née de la volonté du président Houphouët Boigny. Initialement, sur une superficie clôturée de 20 400 ha, il avait fait venir des animaux d’Afrique du Sud. Toutes les précautions avaient été prises, les populations impactées avaient été relogées dans des villages spécialement bâtis à leur intention, et le « vieux » leur avait donné des troupeaux de bœufs pour assurer leur subsistance. 
Malheureusement, à la faveur des diverses crises qui ont secoué le pays depuis sa disparition, les engagements ont été oubliés, la clôture a été détruite par les riverains, et les animaux qui n’ont pas pu s’échapper ont fini en « viande de brousse ». Les plus gros d’entre eux, comme les éléphants, divaguent dans le pays et causent des dégâts, voire des morts. Pourtant paisible, le dernier rhinocéros qui restait a défrayé la chronique, saccagé des cultures et même provoqué le décès d’un chef de village. Il a finalement été récemment relocalisé (mai 2017), et sa corne a été sciée pour éviter les convoitises meurtrières. Cela pose une fois de plus la question de la place de la faune sauvage en Afrique… vaste débat. 
Petit à petit, la réserve est en cours de réhabilitation. Elle reste interdite au tourisme, car il n’y a aucune garantie d’y voir des animaux (il faut être sur place au petit matin ou au coucher du soleil et avoir beaucoup de chance).

Exceptionnellement, nous avons été autorisés à visiter la réserve. L’accès est majoritairement en piste et requiert un véhicule adapté. Compte tenu de l’heure à laquelle nous nous sommes trouvés sur place, nous n’y avons, bien évidemment, pas vu d’animaux, si on excepte quelques oiseaux qui n’ont rien d’extraordinaire et des cohortes de lépidoptères nombreux et variés qui laissent supposer une biodiversité végétale abondante. 

Par rapport à d’autres parcs, l’avantage de celui-ci est d’offrir de beaux points de vue. On peut accéder en véhicule à un petit sommet duquel on a un superbe panorama sur l’ensemble de la réserve, avec son lac bordé d’arbres au loin et l’espèce de savane arborée et verdoyante, parsemée de rôniers (Borassus spp.) et de buissons divers. Sur la berge du lac, on peut voir des oiseaux. 
En conclusion, il nous est impossible actuellement d’inclure ces deux parcs dans nos programmes d’écotourisme. 
Paysages caractéristiques de la réserve de faune d'Abokoouamékro
A proximité de la rive du lac, des "aménagements" tout à fait discutables ...
La berge du lac avec l'amorce du déversoir.
Rencontre aérienne sur le lac
Les lépîdoptères abondants tant en quantité qu'en variété témoignent d'une biodiversité végétale considérable