Environnement et Tourisme Vert en Côte d'Ivoire

Officiellement capitale politique de la Côte d'Ivoire depuis mars 1983, Yamoussoukro, ou familièrement «Yakro», est surtout le village natal du président Houphouët-Boigny. C'est la seule ville de côte d'Ivoire à avoir bénéficié d'un plan d'urbanisme d'ensemble aussi élaboré, et dans ce sens elle ne ressemble à aucune autre. Son aménagement extensif se distingue par ses larges avenues, souvent bordées de rangées d'arbres parfois doubles, de bas-côtés amples et parfois engazonnés et plantés d'arbustes ornementaux, et par ses nombreux espaces boisés d'essences variées, véritables "forêts urbaines ".
Malheureusement, si on peut se féliciter du fait que le plus gros des affaires, de l'activité et de la pollution y afférant demeure pour le moment confiné à Abidjan, l'œuvre urbanistique remarquable du "vieux" est restée inachevée et elle se trouve de nos jours dans un état passablement dégradé, voire partiellement détruite (comme en témoigne la "maison du PDCI"). Il semble toutefois qu'une politique de sauvegarde se dessine mais il reste encore beaucoup à faire, notamment à sensibiliser les populations et les cadres sur le fait que la véritable valeur touristique de Yamoussoukro n'est pas là où ils pensent. 

La basilique Notre-Dame de la Paix, monument incontournable de Yamoussoukro.
La Fondation Houphouët Boigny, autre lieu symboliqque.
Nous profitons donc de cette page pour évacuer une bonne fois pour toutes les habituels poncifs de béton et d'acier qui font les gorges chaudes des sempiternels communicateurs du tourisme institutionnel (la basilique, la Fondation FHB, l'hôtel Président, l'hôtel des Parlementaires. etc.) pour nous consacrer à ce qui nous intéresse réellement.
L'Hôtel Président, une autre curiosité architecturale de Yamoussoukro qu'on est libre d'aimer ou de ne pas aimer. Mais quand on parcourt ses immenses jardins, on craque !
L'Hôtel des Parlementaires, situé dans une vaste zone en chantier, est un symbole du destin politique toujours en friche de Yamoussoukro.
Située à environ 250 km d'Abidjan, Yamoussoukro est accessible par l'autoroute du nord. Elle est dans un état convenable mais se révèle hélas trop souvent meurtrière, surtout la nuit et le week-end. Il faut raisonnablement compter 2h30 de trajet. On peut aussi s’y rendre en avion. Les ressources hôtelières y sont abondantes et adaptée à toutes les exigences de confort. De nombreux restaurants offrent une cuisine qui peut être bonne, avec des produits frais et locaux. La vie nocturne est assez animée, surtout pendant les week-ends et les périodes de fêtes ("Paquinou "), où le peuple Baoulé a l'habitude de se retrouver dans la région.
Mais Yamoussoukro reste avant tout un gros village et constitue, au minimum, un lieu de passage agréable, et au mieux, la base d'un séjour passionnant pour le botaniste ou le simple amoureux de la nature.  
L'Hotel Le Rocher, un bon compromis pour l'hébergement, dans un quartier calme et boisé.
Le climat est sensiblement plus chaud qu'à Abidjan. La température diurne est presque toujours supérieure à 30° C et souvent proche de 35°, avec de faibles écarts jour/nuit (environ 5°). L'humidité est forte et la saison des pluies peut être très marquée. De ce fait une multitude d'essences y poussent facilement et la promenade dans la ville est un véritable ravissement pour les yeux. De nombreux arbres fleurissent abondamment (flamboyants, cassias, lagerstroemia, tulipiers, etc.), parsemant le paysage de grandes taches de couleur orange, jaune, rose, blanches, etc. Les plantations d'arbres (tecks, eucalyptus, etc.) jalonnent la ville, créent des lieux de randonnée, et des zones d'ombre et de relative fraîcheur et répandent des effluves agréables (odeur de terre humide au petit matin, parfums de fleurs et de résine aux heures plus chaudes de la journée). De plus, on voit et surtout on entend beaucoup d'oiseaux.  
Inflorescence de Tulipier du Gabon (Spathodea campanulata) à portée de main... et d'objectif dans les jardins de l'Hôtel Président.
Les lacs artificiels qui structurent la ville, un peu comme les ramifications de la lagune Ebrié s’imposent à Abidjan, sont aussi le résultat d'un processus de création parfaitement pensé avec des systèmes d'alimentation en eau et d'intercommunication. Ces lacs recèlent deux dangereuses curiosités: d'une part les magnifiques lotus, qui ont une fâcheuse tendance à les envahir et doivent régulièrement être sévèrement réduits, et d'autre part les caïmans. Éventuellement dissimulés au milieu des lotus, ces derniers, qui n'ont pas de prédateurs naturels, prospèrent et peuvent atteindre des proportions très impressionnantes. Ils se sont illustrés de manière négative ces dernières années en dévorant plusieurs touristes et même le vieux qui les nourrissait depuis des lustres ! Il faut donc se méfie et éviter d'approcher de trop près ces charmants reptiles, même s'ils feignent de dormir !  
Nos visites à Yamoussoukro s’appuient essentiellement sur le parcours de diverses zones boisées, forêts urbaines, plantations et jardins de la ville et des environs immédiats, selon les saisons et la floraison des diverses espèces et variétés végétales. Ces visites s’effectuent en la compagnie d’un botaniste qualifié capable de fournir toutes les explications sur les essences observées et de mettre en évidence les diverses curiosités botaniques offertes par ces sites, et qui ne sautent pas toujours aux yeux des profanes. Même si le terrain est facile, une bonne aptitude à la marche et une résistance à la chaleur sont nécessaires (on fera régulièrement des pauses pour se rafraîchir).
Plantation dense d'eucalyptus en pleine ville.